jeudi 14 novembre 2019

La fine équipe

Que se cache-t-il vraiment derrière l'organisation des petites séquences ?
Nous allons tout vous dire à ce sujet !

Nous avons rencontré Jordan Blaya (étudiant en Histoire) et Florent Brousse (professeur au Lycée Pré de Cordy) qui sont là pour le bon fonctionnement des petites séquences.

Il y a maintenant quelques années que Jordan Blaya a rejoint par hasard l'aventure des petites séquences afin de soutenir le projet. D'après lui, c'est une expérience positive et unique : les festivaliers tournent dans dix lieux différents dans la même ville ! 
Cet évènement très attendu des festivaliers ne serait pas aussi remarqué et remarquable sans l'intervention de Florent Brousse qui s'occupe de pourvoir aux besoins matériels urgents pour le tournage (vieillard - oui, oui, un vieillard ! - , tente, tuyaux d'arrosage...). En amont, c'est lui aussi qui reçoit les scénarii et les envoie aux différents réalisateurs qu encadrent les tournages.


Jordan Blaya (à gauche) qui répond à un étudiant  

 
Malheureusement, Jack Colas, fondateur des petites séquences et pilier du festival, était si bien caché que nous n'avons pas pu échanger ne serait-ce que quelques mots avec lui.


Jules Ripoll Dausa
 

3 petits chats

L'aventure c'est l'aventure chapitre II

Enfin l'interview avec Julie Gayet peut avoir lieu...

Interview avec Julie Gayet et Mathieu Busson                                                                         ©Thibault Martial


D'où vient l'idée Visages villages ? 
L'actrice nous répond que cette idée vient du travail d'Agnès Varda : en effet Agnès avait envie de faire ce voyage et Rosalie, sa fille qui est productrice, lui a fait découvrir JR. Ainsi, ce périple est tiré de cette rencontre.

Pourquoi être co-productrice ? 
Pour accompagner les réalisateurs, être leur regard extérieur. La difficulté était de trouver de l'argent même si Agnès Varda était quelqu'un de connu. Julie Gayet dit d'Agnès Varda et de Rosalie qu'elles sont pour elle une "famille" et rajoute qu'elle considère Agnès Varda comme sa "maman du cinéma". Une fois le film fini, Julie Gayet a aidé à programmer le film au festival de Cannes.

Document scénarisé ? 
Le film n'était pas entièrement scénarisé, ils avaient prévu des voyages, mais ils improvisaient en fonction des emplois du temps de l'un et l'autre, comme une fabrication en train de se faire. Le documentaire est plus ou moins écrit "mais s'écrit en se faisant". Tout au long de Visages villages, des références à Godard sont faites, notamment à la fin, qui n'en est pas vraiment une. 

Un message ?
Le message ne vient pas d'elle mais d'Agnès Varda ; pour elle le cinéma est  une œuvre poétique et dans Visages villages elle avait vraiment envie de  quelque chose qui ressemble à la célèbre comptine "marabout, bout de ficelle" c'est-à-partir de "partir, d'aller dans une ville, d'avoir une idée, de rebondir, d'aller ailleurs"... enfin bref de suivre JR. Au travers de ce voyage, Agnès voulait raconter ce qui se passe entre une personne comme elle qui est en train de perdre la vue, de vieillir, plutôt vers la fin de sa vie et un jeune homme au début de sa vie et qui pourrait être son petit-fils. Dans le film, ils sont tous deux photographes dans le domaine du street art. Julie Gayet nous confie également que ce qu'elle aime c'est que le film peut parler "à vous comme à ma grand-mère" (rires).


Julie Gayet présentant Visages villages                                     ©Thibault Martial

 Léa Viellevoye et Lisa Peyrat

La Zizanie

13 novembre, deuxième jour de festival et quelques perturbations.

La première durant le tournage des petites séquences de la deuxième équipe de Reims : un homme d'une cinquantaine d'années, à sa fenêtre,  interrompt le tournage, comme Juliette qui crie à Roméo du haut de son balcon, car il juge que les "ACTION !" et "COUPEZ !" du tournage sont trop bruyants. Le réalisateur, offusqué, et tout aussi agacé que lui, lui répond que plus il criera et interrompra les scènes, plus ça durera longtemps. Logique, non ?


image de l'interruption
   
La deuxième, à 16 heures, juste avant la diffusion du film tant attendu Docteur ? de Tristan Séguéla au centre culturel : un duo de lycéennes débarque sur la scène avec des bonnets ours qui bougent leurs oreilles et pendant quelques minutes effectuent des pas de danse, notamment certaines chorégraphies de Fortnite très connues. Quand elles sont parties, toute la salle les a applaudies presque autant que les acteurs du film. Heureusement, elles n'étaient pas nues comme les streakers sur les stades, sinon nous n'aurions pas pris cette photo !

les petits oursons danseurs
Léa Bordas

La tête dans les étoiles

  La salle se rallume, les applaudissements redoublent à l'arrivée sur scène d'Alice Winocour, la réalisatrice du film Proxima. Les spectateurs ont beaucoup de questions à lui poser.
   Le long métrage raconte l'histoire de Sarah, une astronaute française qui s'apprête à partir pour une mission d'un an sur mars. La seule chose à laquelle elle n'est pas préparée, c'est la séparation avec sa fille. Ce film centré sur l'amour entre mère et fille est très émouvant.
    Devant une foule de lycéens, la réalisatrice se prête au jeu des questions-réponses avec beaucoup d'entrain. Elle nous apprend que l'actrice Eva Green a réellement dû suivre un entraînement sportif intensif pour supporter la combinaison spatiale de 150 kg. Néanmoins, elle n'a pas participé à certaines scènes comme celle de la centrifugeuse qu'elle n'aurait pas pu supporter. Alice Winocour a partagé quelques anecdotes de tournage. Par exemple, les actrices jouant la mère et la fille n'étaient pas du tout tactiles. C'est un point qu'elle a dû travailler avec les actrices pour représenter une relation fusionnelle.
   En tous cas, on est certaines que le film va décoller à sa sortie et la réalisatrice aura parfaitement accompli sa mission.


le présentateur et Alice Winocour ©Thibault Martial



                                                                               
Alice Kneblewski
Faustine Felez

Les folles aventures des petites séquences


Réaliser un film en trois jours : mission impossible ? 
Pas pour les festivaliers de Sarlat !


Dans la salle Pierre Denoix, les lycéens se préparent aux petites séquences : c'est comme cela que l'on appelle les courts métrages réalisés par des groupes de lycéens pendant le festival.
Pour la réalisation de leur court-métrage chaque groupe dispose d'un réalisateur, d'un monteur, de deux acteurs professionnels et d'un étudiant ManCav du lycée Pré de Cordy de Sarlat. Ils ne disposent que de 48 heures pour réaliser leur film.

Premier jour : les 10 groupes sélectionnés ont assisté à trois conférences en fin d’après-midi. La première consistait à préparer la direction des acteurs, les élèves ont du "pitcher" leur scénario, c'est à dire expliquer leur scenario en une phrase devant deux réalisateurs professionnels. La deuxième consistait à prendre contact avec les réalisateurs et la dernière avec les comédiens.


Bien sûr, toute l'année, les élèves sélectionnés se sont préparés à un tel projet. 
Chaque établissement sélectionné choisit un groupe de cinq élèves (à l'exception de Sarlat qui en a deux). Ensuite ils écrivent leur scénario sur un thème donné et cette année il s’agit de "l'attente". Les étapes suivantes se déroulent à Sarlat. 

Restez attentifs, car nous suivrons le travail d'un groupe chargé de réaliser une petite séquence, tout au long de la semaine ! 
un groupe des petites séquences en préparation de tournage
à suivre...

Jules et Léa B

P.R.O.F.S

Pour vous, nous sommes allées interroger deux professeures de lycées lointains pour connaitre leur organisation interne (financement, choix des professeurs...) pour ce festival et quelques anecdotes.
Brigitte est originaire de Reims et Blandine de Gif-sur-Yvette, en région parisienne, mais sont toutes deux des habituées de ce festival : notre rémoise vient depuis 26 ans et notre parisienne depuis 4 ans.
Elles sont toutes les deux arrivées en bus et ont fait un trajet d'environ 9H et restent jusqu'à samedi.
photographique de Blandine
 

Dans leurs établissements respectifs, le financement est le même : les familles des élèves payent la totalité des frais du voyage, tandis que le lycée finance celui des professeurs. Autre point commun de leurs écoles : 2 professeurs de cinéma volontaires jouent le rôle d'accompagnateurs. Cependant, le ratio élèves-professeurs n'est pas le même. En effet, Brigitte encadre 14 élèves tandis que Blandine n'en gère que 8.
Ces deux professeures ont une entière confiance en leurs étudiants et leur laissent du temps libre entre chaque projection et conférence.

Malgré toutes ces similitudes, il reste quelques points de divergence. La préparation est plus assidue pour les rémois :
  • ils débriefent matin et soir,
  • ils  ont travaillé en amont sur l'écriture des scénarios des minis-séquences
  • ils devront rendre un dossier complet incluant analyse, synopsis et opinion pour chaque film vu. 

Au contraire, les parisiens ne préparent pas spécialement leur venue au festival et débriefent seulement en aval de l'évènement. Cependant, le programme journalier est connu de chaque élève pendant leur trajet, où un des deux accompagnateurs prend le micro pour les informer.


Pour finir, deux anecdotes sur leurs expériences du Festival : une tragique et une pleine de tendresse.
La première nous vient de Blandine et date de la première année de sa venue. C'est un évènement qui l'a marqué profondément. Le dernier soir, le vendredi 13 novembre, alors que les lycéens fêtaient leur semaine tous ensemble sans la surveillance des professeurs, un attentat fait rage au Bataclan, à Paris. Toute la France fut marquée par cet évènement et particulièrement les étudiants ayant laissé leur famille dans la ville brisée.
La seconde anecdote, beaucoup plus joyeuse, est racontée par Brigitte et date d'il y a 15 ans. Un chaton errant fut découvert dans une rue et sa nouvelle famille, c'est-à-dire quelques-uns de ses élèves) l'hébergea pendant toute la semaine dans leur chambre. Au moment de leur départ, la femme de ménage leur ramena ce petit être aimant et une des élèves l'adopta. Ce petit chanceux est encore en vie et se prénomme Sarlat, en souvenir de leur aventure !


photographie de Brigitte en compagnie de ses élèves
 

"merci pour tout Arnaud"

Avant d'arriver au cinéma, nous ne savions pas comment faire pour tenter d'assister à la cérémonie d'ouverture. Honnêtement, nous pensions ne pas parvenir à entrer dans la salle... Mais comme on le dit souvent, "qui ne tente rien n'a rien" ! Une fois dans le hall, nous avons eu la très grande chance de  croiser le directeur du cinéma, M. Arnaud Vialle. Alors, Thibault s'est approché de lui et lui a demandé d'assister à la séance d'ouverture pour prendre des photos afin d'alimenter notre blog. Celui-ci a accepté avec plaisir et nous a laissés visionner toute cette séance en haut de la salle. Encore une fois, merci beaucoup M. Vialle : nous lui avons dit que c'était génial et par la même occasion, nous lui avons demandé la permission d'assister aux projections les soirs suivants, ce qu'il a accepté de nouveau ! Cela prouve donc bien que le festival est fait pour les étudiants et que tous les adultes tentent de nous aider au maximum pour vivre des expériences plus extraordinaires les unes que les autres.

M.Arnaud Vialle directeur du cinéma Rex                              ©Thibault Martial  



Lisa Peyrat et Thibault Martial